Demeures et parcs impériaux, vestiges des dynasties Ming et Qing, temples bouddhiques majestueux, une muraille de plus de deux millénaires ! Et oui, vous l’aurez deviné, nous sommes à Beijing, ville de vingt millions d’habitants, capitale politique et culturelle de la Chine.
Pressés et bousculés par la masse de voyageurs, nous sommes propulsés vers la sortie de la gare. A notre grande surprise, nous sommes enveloppés par une épaisse brume grisâtre. Elle couvre les grands immeubles d’un voile morne et fait disparaître l’horizon. La tête dans les nuages, Sophie confond le soleil avec la lune. Brouillard estivale, pollution, lunettes sales ? Bienvenu à Beijing.
Première nuit dans une cellule de prison
Ruelles étroites, maisons typiques et ambiance de village ; sommes-nous réellement à Beijing ? Et oui, nous avons la chance d’être dans l’un des rares quartiers de Beijing où l’on peut encore trouver des hutongs. Un hutong est un ensemble de ruelles constituées de petites habitations, reliés par des portes (les siheyuans), formant des quartiers conviviaux aux passages étroits. Les hutongs, qui jadis entouraient la Cité Interdite, ont pour la plupart disparus. Il n’en reste qu’un petit nombre, laissant place à des constructions plus modernes. De nos jours, les hutongs s’embourgeoisent et des cafés et restaurants huppés s’y installent.
Nous nous perdons volontairement dans ces ruelles labyrinthiques, en appréciant l’atmosphère accueillant de ces quartiers. Des odeurs de nourriture émanent des nombreux stands de brochettes, nous invitant à prendre l’apéro. Shan et Tom, un couple rencontré via couchsurfing.com nous font découvrir de bons barbecues : brochettes de viande, de champignons, d’ail ou de piments.
Nous passons notre première nuit dans une ancienne fabrique d’arme reconvertie en prison puis en auberge de jeunesse (P-Loft Youth Hostel). Les chambres sont tellement sombres et spartiates que nous décidons de déménager au plus vite.
Trouver la sagesse dans les volutes d’encens
D’épaisses fumerolles blanches accompagnées d’une agréable odeur d’encens s’élèvent vers le ciel brumeux tandis que les fidèles rendent hommage aux dieux. Nous sommes au temple bouddhique des lamas tibétains. D’immenses statues se dressent dans les salles richement décorées.
Le temple de Confucius et le collège impérial sont tout aussi spectaculaires. C’est dans ce collège que l’empereur avait coutume de rappeler les principes confucéens à la cour impériale et aux grands professeurs.
Aujourd’hui il s’agit d’un musée plaisant, exposant la vie et les idées de Confucius. Le confucianisme est une idéologie humaniste de plus de 2000 ans qui influence toujours grandement la vie des chinois. Elle prône le respect de valeurs comme l’égalité sociale ou le respect des aînés et des enseignants.
Nous nous installons ensuite dans le vieux Beijing, près de la place Tienanmen. Un quartier très animé et complètement rénové, mais dans un style chinois. Nous sommes étonnés et bien contents (avouons-le) de trouver de nombreux cafés. D’ailleurs, nous nous offrons régulièrement des pauses goûter, retrouvant des saveurs de chez nous, comme le pain perdu !
Mao, « Maintenu Artificiellement en Observation »
La place Tienanmen, quant à elle, n’est pas un lieu où s’attarder. Quatrième plus grande place du monde et si riche en histoire, elle est aujourd’hui entourée de barrières et surveillée par de nombreux policiers. Les lignes de drapeaux rouges flottent dans le ciel tandis que des écrans diffusent des images de propagande.
Au nord de la place, sur la Porte de la Paix Céleste, se dresse un portrait géant de Mao Zedong devant lequel les touristes chinois aiment se prendre en photos.
Nous nous joignons à la foule pour accéder au mausolée de l’ancien dirigeant au centre de la place. Des fleurs sont vendues à l’entrée pour ceux qui voudraient faire une offrande à leur grand leader. La visite est très expéditive. Nous traversons la pièce en trente secondes, pressés par les gardes qui nous empêchent de nous arrêter et de prendre des photos. Le corps de Mao est allongé sous un sarcophage de verre, le visage à l’aspect plastique illuminé par une lumière. Les chinois qui nous entourent se montrent très respectueux et, pour une fois, bien silencieux.
Comment atteindre la Longévité Joyeuse par l’Elégance Accumulée ?
La tête remplie d’images du film « Le Dernier Empereur« , nous allons visiter la Cité Interdite, qui a abrité les empereurs chinois pendant plus de 500 ans. Elle nous ouvre aujourd’hui ses portes.
Nous entrons par un immense portail jadis réservé à la famille impériale : la Porte du Midi. Le palais semble s’étendre à l’infini. Nous sommes époustouflés par l’immensité des lieux et les nombreuses salles : salle de l’Harmonie Suprême, salle de la Gloire Littéraire, etc. Elles ont autrefois servi de bureaux, résidences, ou salles de cérémonie. On dit que la cité comprend 9 999 pièces et aurait nécessité un million d’ouvriers pour sa construction.
A l’instar des chinois, nous apprenons à jouer des coudes, à nous faufiler entre les groupes organisés, et à prendre rapidement des photos mal cadrées avant de se faire bousculer. Noyés au milieu de la foule bruyante aux couleurs fluos, nous avons bien du mal à imaginer le faste des empereurs qui vivaient dans ces palais.
Il est également possible de voler au dessus de la Cité Interdite à moindre frais, comme le montre la photo ci-dessous:
D’autres photos du Palais d’Eté et du Temple du Ciel.
Nous quittons la capitale du nord en direction de la province du Jiāngsū, plus au sud. Nous y attendent, paraît-il, les plus belles filles de Chine.
- nous passions la nuit dans une ancienne poudrière
- nous goûtions au « Marmite » (thank you Tom !)
Carine
aaaah, Marmite…!
Romain
Les mots manquent pour décrire cet « aliment » ;o)
Carine
Question à 1 yuan : y’a-t-il des petites souris blanches dans la cité interdite ?
Romain
Ah oui c’est quelque chose que nous n’avons pas pensé à faire: recréer la scène de la souris blanche lancée contre la porte de la Cité Interdite :o)